Autour de l'environnement

Impact de la dégradation de l’environnement sur la santé

Connaissez-vous l’impact de la dégradation de l’environnement sur la santé?

Selon l’OMS, entre 2030 et 2050, les effets du changement climatique pourraient être à l’origine de 250 000 décès prématurés supplémentaires par an dans le monde (malnutrition, paludisme, diarrhée, fortes chaleurs, etc.).

Dans cet article je reprends les principaux concepts exprimés dans la publication « Environnement et santé » qui dresse un panorama des principales sources d’exposition de la population française.

 

L’impact des facteurs environnementaux sur la santé

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 23 % des décès dans le monde et près du quart des pathologies chroniques peuvent être imputés à des facteurs environnementaux.

L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre a entraîné une élévation des températures avec une nette accélération depuis 25 ans.

 

Les effets sanitaires majeurs liés au changement climatique

Nous retrouvons quatre types d’effets sanitaires majeurs liés au changement climatique :

1) un accroissement de l’occurrence d’événements naturels extrêmes ;

2) une augmentation des températures extrêmes, caniculaires ;

3) une expansion des maladies vectorielles et une modification de leur répartition géographique.

4) un développement des concentrations en pollens et autres allergènes ;

 

1) Les événements naturels extrêmes

La France est le deuxième pays d’Europe le plus concerné par des catastrophes naturelles. 

Le pays recense 180 événements naturels dommageables survenus entre 1900 à 2017. 93 % sont liés au climat.

Les événements extrêmes sont-ils attribuables au changement climatique ?

Des signaux significatifs indiquent que, sans influence humaine, l’occurrence de tels événements est extrêmement peu probable.

 

D’ici la fin du siècle, la hausse du niveau marin pourrait probablement atteindre 45 à 82 cm, voire 1 m, et 22 à 37 cm à l’horizon 2050 selon les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

 


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L’impact sanitaire procède en grande partie des conséquences matérielles des catastrophes : augmentation de traumatismes liés aux opérations de déblaiement, intoxications au monoxyde de carbone par l’usage inapproprié de groupes électrogènes, risque de maladies par contamination microbiologique des captages d’eau potable par les eaux d’inondations, etc.).

Différentes études menées a posteriori mettent en exergue les troubles psychologiques à court, moyen et long termes. Ils correspondent à court terme à des états de panique, d’agitation ou de sidération, ou des manifestations d’angoisse. À plus long terme, ils concernent des troubles anxieux, des troubles dépressifs plus fréquents, une augmentation de l’usage de produits psychoactifs (médicaments, tabac, alcools, drogues), ou engendrent l’apparition d’un état de stress post-traumatique (ESPT).

 

2) Les températures extrêmes

La France est protagoniste d’un accroissement des phénomènes de vagues de chaleur et une diminution des vagues de froid depuis plusieurs années. Les répercussions des canicules peuvent s’avérer dramatiques, comme en témoigne le bilan de la surmortalité de l’année 2003.

Prévenir ces évènements constitue un défi sanitaire majeur.

3) Les maladies à transmission vectorielle

Les maladies à transmission vectorielle connaissent actuellement une nette progression.

L’intensification des échanges internationaux et le changement climatique expliquent, en partie, cette situation.

Cette dynamique, qui constitue aujourd’hui un enjeu global de santé publique, est confirmée par le dernier rapport du Giec, publié en 2018, qui alerte les pouvoirs publics sur l’expansion future de maladies telles que le paludisme et la dengue, facilitée par des climats favorables aux moustiques.

Les agents pathogènes d’un vertébré infecté (l’hôte) à un autre, provoquent dans les populations humaines des maladies parasitaires (telle que le paludisme), bactériennes (comme la borréliose de Lyme) ou encore virales (virus de la dengue, du chikungunya, du zika, etc.).

Le mécanisme de la transmission vectorielle se fait le plus souvent par piqûre mais aussi par déjection, voire par régurgitation du vecteur.

L’alerte de l’OMS

Dans un rapport, publié en 2017, l’OMS alerte les pouvoirs publics sur la nécessité d’agir face au risque d’exposition de la population mondiale, qui dépend à la fois de la zone géographique et climatique. Aujourd’hui, plus de 80 % de la population vit dans des zones où existe un risque de contracter une maladie comme le paludisme, la borréliose de Lyme, le virus de la dengue, du chikungunya, ou du zika.

 

La France est concernée par les maladies à transmission vectorielle.

En contribuant à modifier les zones de répartition des espèces d’insectes ou d’acariens, le changement climatique est susceptible d’influencer la transmission de ces maladies.

Jusqu’alors épargnées, de nouvelles aires sont aujourd’hui concernées par l’implantation de vecteurs de maladie comme le moustique tigre, créant un risque de transmission, voire d’épidémie de chikungunya et de dengue.

Avec l’accroissement des températures, le champ d’action des moustiques, vecteurs du paludisme mais aussi du chikungunya, de la dengue et du zika, pourrait connaître une extension dans les prochaines décennies.

Le moustique est dorénavant installé et actif depuis 2018 dans 51 départements de métropole (parmi les plus septentrionaux la Seine-et-Marne, l’Essonne, la Côte-d’Or et la Nièvre).

 

La borréliose de Lyme

Inoculée par une tique infestée (Ixodes ricinus) après que la larve se soit nourrie du sang de petits mammifères (souris, hérissons, etc.), la borréliose de Lyme est une maladie endémique dans la majorité des pays de l’hémisphère Nord et qui émerge actuellement dans de nouvelles régions du globe.

Elle peut se manifester dans un premier temps par un halo rosâtre autour de la piqure et provoquer, dans de rares cas, des atteintes disséminées à plusieurs organes comme le système nerveux, le coeur mais aussi les articulations.

Transmise par la bactérie Borrelia burgdorferi, la borréliose de Lyme est la maladie vectorielle la plus fréquente en Europe.

Depuis les années 1980, les populations de tiques vectrices de la maladie semblent gagner des latitudes et des altitudes plus élevées en Europe, traduisant les effets du réchauffement climatique associé à d’autres facteurs. Il est probable que la borréliose de Lyme s’y étendra. À l’inverse, les régions les plus au sud, soumises à des sécheresses plus fréquentes, pourront voir l’incidence de la maladie diminuer au moins momentanément. La maladie devrait disparaître dans les régions les plus chaudes et sèches.

Avec des hivers plus doux et moins d’humidité, une nouvelle espèce (Hyalomma marginatum) s’est installée dans le sud de la France. Celle-ci est susceptible d’inoculer chez l’humain et les animaux un virus qui provoque la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, maladie endémique des pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et des Balkans et dont deux cas ont été rapportés pour la première fois en Espagne en 2016.

4) Les grains de pollen et les allergies

Le climat joue un rôle non négligeable sur la production de grains de pollen et les allergies qu’ils déclenchent.

La hausse observée de la quantité de pollens émis entraîne une augmentation de la prévalence des allergies. Dans les prochaines années, cette tendance due au changement climatique et à une production accrue de pollens devrait se poursuivre, voire s’amplifier.

 

La pollution de l’air

Les effets de la pollution de l’air extérieur sur la santé humaine ne sont plus à démontrer.

En 2018, l’Agence européenne pour l’environnement évalue à 391 000 le nombre annuel de décès prématurés dans les pays de l’Union européenne.

La France n’est pas épargnée par ce fléau.

Depuis le début des années 2000, les émissions des principaux polluants diminuent en réponse aux progrès technologiques, à l’évolution des comportements et à la modification de la composition des carburants.

La France, comme de nombreux autres pays, est régulièrement confrontée à des dépassements récurrents des seuils réglementaires de la pollution de l’air.

 

Les nuisances sonores

Les nuisances sonores peuvent entraîner des effets extra-auditifs, allant de l’apparition de troubles du sommeil jusqu’à une perturbation du système cardio-vasculaire. Selon l’OMS, le bruit constitue, parmi les facteurs de risques environnementaux, la deuxième cause de morbidité en Europe, derrière la pollution atmosphérique.

Au moins un million d’années de vie en bonne santé seraient ainsi perdues chaque année en raison du bruit causé par la circulation.

Des liens ont été établis entre l’exposition au bruit des transports et l’apparition de certains symptômes ou pathologies (perturbation du sommeil, maladies cardio-vasculaires, troubles de l’apprentissage).

 

Les substances chimiques dans les produits de consommation

En France, quatre types de substances chimiques font l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics :

  • pesticides ;
  • perturbateurs endocriniens ;
  • métaux lourds ;
  • nanoparticules.

En parallèle, les sites et sols pollués, susceptibles de rejeter une variété de polluants dans l’environnement et de contaminer les populations, font l’objet d’une politique nationale de gestion particulière.

Les pesticides

Disséminés dans l’environnement lors de leur application, les pesticides contaminent les différents milieux et la chaîne alimentaire, nécessitant un suivi de ces sources de contamination et de l’exposition des populations

Très solubles, hydrophiles et persistants pour certains, les pesticides migrent vers les eaux souterraines. En raison du faible taux de renouvellement de ces eaux et de l’absence de mécanisme de dégradation de ces substances, la pollution par les pesticides peut y persister durant des décennies.

 

De 2015 à 2017, des pesticides ont été trouvés au moins une fois dans 80 % des 2 300 points de mesure du réseau de surveillance des eaux souterraines. Dans près d’un cas sur deux, la concentration d’au moins un échantillon dépasse le seuil réglementaire. Sur les 737 substances recherchées, 54 % sont trouvées, dont la moitié sont des substances interdites d’usage en France au moment de la mesure.

L’usage prolongé de pesticides peut également engendrer des pollutions diffuses des sols. Ainsi, après cinquante ans d’utilisation et malgré son interdiction en usage agricole depuis 1998 en France, des résidus de lindane, substance toxique pour l’homme et dangereuse pour l’environnement, subsistent dans les sols métropolitains.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) contrôle le taux de résidus de pesticides au sein des échantillons d’aliments destinés à la consommation. En 2016, des pesticides ont ainsi été retrouvés dans plus de la moitié (56 %) des échantillons contrôlés, en majorité dans les fruits. Près de 7 % des échantillons analysés dépassent la limite maximale autorisée au moins pour un pesticide. Ce taux dépasse 10 % sur les échantillons importés. En outre, parmi les 2 661 denrées d’origine françaises examinées, 2 % contiennent des traces de pesticides interdits en France.

En 2017, 7 % de la population, soit 4,9 millions d’habitants, sont desservis par une eau non conforme en pesticides.

Des liens ont été mis en évidence entre l’exposition à certains pesticides et l’apparition de cancers (lymphome non hodgkinien, myélome multiple, prostate) et de maladies neurologiques chroniques (Parkinson).

Des effets sur la grossesse (malformations congénitales, morts foetales) et le développement de l’enfant (développement psychomoteur et intellectuel, affections du système reproducteur, du métabolisme) ont également été observés lors d’expositions chez la femme enceinte.

Chez les agriculteurs, la maladie de Parkinson et le lymphome non hodgkinien (cancer LNH) sont officiellement reconnus en tant que maladies professionnelles et complètent, respectivement depuis 2012 et 2015, la dizaine de tableaux de maladies provoquées par les pesticides.

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens (PE) provoquent des troubles de santé chez l’homme ou l’animal par dérèglement de leur système hormonal (changements de morphologie, de physiologie, de croissance, de reproduction, de développement ou de durée de vie). Ces effets néfastes peuvent s’observer après exposition à un perturbateur endocrinien isolé ou en mélange, même à faible dose, tant sur l’organisme humain exposé que sur ses descendants.

Le bisphénol A (BPA) et le DEHP (phtalate de di-2-éthylhexyle), utilisés depuis cinquante ans pour la fabrication de certains plastiques et de résines, sont des substances considérées comme perturbateurs endocriniens par de nombreux organismes internationaux. Bien que leur usage soit aujourd’hui restreint, elles demeurent des sources de contamination environnementale et d’imprégnation de la population.

 

En France, le BPA et le DEHP entrent dans le panel des substances chimiques recherchées dans le cadre de la surveillance de la qualité des eaux souterraines et superficielles. Si un suivi est effectué sur une large part du territoire depuis une dizaine d’années, celui-ci n’est toutefois pas systématique. Cependant, lorsqu’elles sont recherchées, ces deux substances sont régulièrement détectées, en particulier dans les eaux superficielles.

Ainsi, pour les cours d’eau et les lacs, le DEHP présente une concentration supérieure à 1 nanomole/litre (nmol/l) dans plus de la moitié des mesures effectuées. C’est également le cas du BPA, qui est quantifié dans plus du tiers des mesures effectuées.

 

L’alimentation est la principale source d’exposition de la population au BPA et au DEHP, notamment en raison de la capacité de ces substances à migrer des emballages et contenants dans lesquels ils sont présents vers les aliments et boissons consommés.

L’étude de l’alimentation totale infantile, conduite par l’Anses en 2016, a permis d’évaluer le niveau de présence de ces substances dans l’alimentation. Les teneurs les plus élevées de BPA ont ainsi été mesurées dans les conserves d’aliments courants. Des traces de DEHP ont également été retrouvées dans des plats préparés pour bébés, en particulier dans ceux ayant des contenants en plastique où les taux de détection étaient les élevés. À l’issue de l’évaluation du risque toxicologique, le BPA a été classé par cette étude dans la catégorie « risque ne pouvant être exclu » et le DEHP parmi les risques jugés tolérables ou admissibles.

Les femmes enceintes et le BPA

En France, l’imprégnation des femmes enceintes par le BPA et le DEHP a été mesurée chez des participantes de la cohorte Elfe, ayant accouché en 2011. Les niveaux d’imprégnation sont généralement plus faibles que ceux mesurés dans les études antérieures françaises et étrangères. Cette diminution peut être liée à des différences méthodologiques entre les études (évolution de la méthode de dosage, mode de recueil des prélèvements urinaires, population d’étude, etc.), mais aussi à l’impact des restrictions d’usages, en particulier pour le DEHP.

Il ressort également de cette étude que l’imprégnation des femmes enceintes par le BPA augmente selon la consommation d’aliments susceptibles d’avoir été en contact avec des matières plastiques ou des résines contenant du BPA (aliments pré-emballés dans du plastique ou en boîtes de conserve, vin, eau en bouteille ou en bonbonne). Elle croît également lorsque du linoléum est présent au domicile et en cas d’utilisation prolongée de la télévision, suggérant une exposition au BPA par inhalation dans l’air intérieur liée aux équipements du logement, voire à l’ingestion de poussières contaminées. Accoucher par césarienne est aussi associé à des niveaux d’imprégnation par le BPA plus élevés. Cela pourrait en partie être lié à une exposition récente et ponctuelle au contenu du matériel médical (perfusion, sonde urinaire, etc.).

Les métaux lourds

Les métaux lourds, également appelés éléments traces métalliques, sont naturellement présents dans l’environnement sous forme de traces. Parmi eux, le cadmium, le mercure et le plomb font l’objet d’un suivi sanitaire et environnemental, en particulier avec la directive cadre européenne sur l’eau (DCE), qui vise à préserver les écosystèmes aquatiques. Toxiques pour tous les êtres vivants sous leur forme oxydée, ils n’ont aucun rôle bénéfique et s’accumulent dans les chaînes alimentaires (bioaccumulation).

Le cadmium

Rarement trouvé seul à l’état naturel, le cadmium est généralement associé à d’autres métaux dans des minerais. Ses utilisations sont nombreuses : traitement anticorrosion des alliages, fabrication de plastiques, de batteries rechargeables, de colorants ou de produits électroniques, etc.

Le mercure

Le mercure se présente sous forme liquide et est facilement volatil dans des conditions normales de température et de pression. Il peut être d’origine naturelle (volcanisme, lessivage des sols) ou anthropique (métallurgie, combustion du charbon, incinération des déchets, fabrication de chlore, piles et lampes, etc.).

Le mercure est l’un des « dix produits chimiques gravement préoccupants pour la santé publique (OMS)».

Le mercure inorganique touche particulièrement les reins.

Une imprégnation élevée peut entraîner des troubles de l’équilibre et de la marche ainsi que des problèmes auditifs ou visuels. Chez les enfants, on peut observer des retards psychomoteurs, de croissance et de l’acquisition du langage.

Le plomb

Présent dans les sols et la croûte terrestre, le plomb est présent dans les batteries, grenaille de chasse, céramiques, peintures, fusibles, etc. Il est devenu aujourd’hui l’un des principaux contaminants toxiques de l’environnement.

L’exposition chronique par inhalation a été associée à des effets sur les poumons, notamment l’emphysème, ainsi que sur les reins. Il peut également causer une atteinte osseuse.

Une fois dans l’organisme, le plomb se retrouve dans le sang et se fixe sur les tissus mous (foie, rate, reins, moelle osseuse, système nerveux) puis s’accumule dans le système osseux. Le principal organe cible est le système nerveux central, en particulier chez le foetus et le jeune enfant.

La chute de ces polluants entre 2000 et 2016

Toutes sources de pollution confondues, de 2000 à 2016, les émissions dans l’air de ces polluants ont chuté : – 81 % pour le cadmium, – 70 % pour le mercure et – 61 % pour le plomb. Ceci s’explique, entre autres, par le durcissement des exigences réglementaires sur le traitement des émissions atmosphériques des usines d’incinération de déchets ménagers, l’amélioration des procédés chimiques de traitement et la mise en place de dépoussiéreurs.

 

En France métropolitaine, le taux du cadmium est conforme aux normes de qualité dans l’ensemble des points de mesure dans l’air en 2016. Seules deux masses d’eau de surface (lagune de Bages dans l’Aude et canal de la Deule dans le Pas-de-Calais) ont des concentrations excessives en cadmium et une masse d’eau souterraine présente des concentrations élevées (Moselle). La teneur en cadmium dans les mollusques, indicateurs quantitatifs de contamination du milieu marin, décroit globalement depuis les années 1980, du fait du durcissement des réglementations voire de l’arrêt de certains de ses usages.

La principale voie d’exposition de la population au cadmium est l’alimentation.

Les plus fortes teneurs moyennes en cadmium sont retrouvées dans les coquillages, les abats, les biscuits et le chocolat.

Les contributeurs alimentaires majoritaires à l’exposition au cadmium sont le pain ainsi que les pommes de terre.

La pénétration du mercure dans l’organisme sous sa forme la plus dangereuse (le cation méthylmercurique) provient principalement de l’alimentation.

L’étude EAT2 a montré que le poisson était le contributeur majoritaire (69 %) de l’exposition alimentaire au mercure sous cette forme.

Afin de limiter les risques, les usages de ces métaux ainsi que leur concentration dans l’eau du robinet, les aliments et les jouets ont été réglementés.

 

Polluants les plus fréquents : métaux, métalloïdes et hydrocarbures

 

 

Un même site peut receler de multiples pollutions. Les deux familles de polluants les plus fréquemment identifiées dans les sols sont les hydrocarbures, ainsi que les métaux et métalloïdes, représentant respectivement environ un tiers et un quart de l’ensemble des pollutions.

Les pollutions ponctuelles par les métaux et métalloïdes proviennent de pollutions anthropiques (rejets industriels, assainissement, incinération, etc.). Certains métaux, comme le chrome ou le fer, sont des oligoéléments indispensables à l’organisme en faible quantité. Toutefois, la plupart deviennent toxiques pour l’homme et pour un grand nombre d’espèces végétales ou animales à forte dose, avec des seuils de toxicité variant selon les espèces.

À plus ou moins long terme, la pollution du sol peut avoir des impacts directs ou indirects sur la santé humaine.

 

Impacts environnementaux et surveillance des eaux souterraines

Pour la grande majorité des sites pollués, une nappe d’eau souterraine se situe sous les sols pollués. Ces nappes peuvent faire l’objet d’usages variés : puits privés, agriculture et industries agroalimentaires, alimentation en eau potable, etc. Selon les voies de transfert et d’exposition, les polluants peuvent entraîner des impacts environnementaux préoccupants lorsque l’usage des sites se révèle sensible : école, établissement recevant du public, proximité d’un captage d’alimentation en eau potable.

 

Nanomatériaux

Les nanomatériaux sont utilisées dans la pharmacie, l’aéronautique et les nouvelles technologies.

Ils permettent d’améliorer l’efficacité de traitements médicaux ou d’accroître la compétitivité de l’industrie française.

Cependant, les risques induits par ces substances sur l’homme et sur l’environnement restent méconnus, compte tenu de leur développement rapide et récent et du manque de recul pour évaluer leurs effets. L’utilisation de ces substances dans certains produits alimentaires et cosmétiques constitue une source d’exposition de la population. Les règlementations française et européenne imposent, depuis 2013, de mentionner leur présence sur l’étiquette des produits qui en contiennent.

Les applications liées à leur taille et à leur structure sont nombreuses :

  • nanoparticules utilisées dans les additifs alimentaires, les peintures, les cosmétiques, les encres, les pneumatiques ;
  • noirs de carbone utilisés comme pigment noir dans les encres d’imprimerie, également pour renforcer les produits de caoutchouc tels que les pneus et les câbles ;
  • nanocapsules utilisées dans les médicaments, textiles, traitement des eaux usées ;
  • fullerènes utilisés dans les mascaras, crèmes de beauté, les polymères, le stockage de l’hydrogène;
  • nanofils utilisés pour la transmission de signaux électriques, optiques et chimiques ;
  • nanotubes de carbone utilisés pour renforcer les matériaux composites, les céramiques et textiles, vecteurs de médicaments ;
  • nanocouches utilisées dans les revêtements de surfaces pour leur donner des propriétés anti-adhésives, auto-nettoyantes, résistantes à l’abrasion ;
  • nanocomposites incorporés dans des matériaux pour leur donner des propriétés mécaniques, optiques, magnétiques, thermiques particulières.

 

Le développement rapide des nanomatériaux et leur usage dans de nombreux produits de consommation courante les rendent désormais omniprésents. L’exposition de la population à ces substances est ainsi quotidienne, que ce soit via l’alimentation, la prise de médicaments, l’utilisation de cosmétiques ou les textiles. Les voies d’exposition identifiées pour l’homme sont les voies respiratoire, cutanée et digestive.

En 2016, en France, les cinq premiers secteurs d’activité produisant la majorité des quantités de nanomatériaux sont :

  • le secteur de la fabrication de produits chimiques de base, de produits azotés et d’engrais, de matières plastiques de base et de caoutchouc synthétique ;
  • l’industrie chimique ;
  • la fabrication de colorants et de pigments ;
  • la fabrication d’autres produits chimiques inorganiques de base ;
  • l’exploitation de laiteries, la production de fromage.

Les nanomatériaux sont majoritairement utilisés dans l’agriculture à travers les pesticides: 58 % en 2016.

Les cosmétiques et produits de soin personnel arrivent au 2ème rang (10,4 % des déclarations), devant les revêtements et peintures, solvants, diluants (10,3 % des déclarations).

Au niveau national, lors de la Conférence environnementale de 2014, la France s’est engagée, à mener une réflexion sur l’étiquetage des produits de consommation courante et sur la restriction de ces substances dans certaines catégories de produits.

 

Les rayonnements

Dans notre quotidien, des sources de radioactivité naturelles et artificielles exposent en permanence la population aux rayonnements ionisants. Celles-ci peuvent être d’origine naturelle, issue de la Terre (rayonnements telluriques provenant du sol), du cosmos (rayonnements cosmiques) ou de notre alimentation, mais également d’origine artificielle lors d’examens ou thérapies médicales, ou bien issue des rejets autorisés des installations nucléaires, ou encore des retombées d’essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère.

Le radon constitue le premier facteur d’exposition des populations à la radioactivité.

Les populations sont aujourd‘hui quotidiennement exposées à des radiations non ionisantes, à travers les ondes électromagnétiques. Parmi elles, les radiofréquences, aux rayonnements émis pour la transmission d’informations à travers les antennes relais, se sont particulièrement développées avec l’essor de la téléphonie mobile.

En France, le radon est principalement présent en Corse, en Bretagne, dans le Massif central et les Vosges ainsi que dans une partie de l’outre-mer.

Le radon est un radionucléide qui fait partie des substances classées comme cancérigène certain pour le poumon depuis 1987.

La radioactivité naturelle résulte des radio-isotopes de la roche à partir de laquelle ils se forment. Les sols peuvent alors atténuer les effets de la radioactivité, ou a contrario, devenir des sources de pollution radioactive aux effets dommageables pour l’homme et l’environnement. Les rayonnements ionisants d’origine naturelle représentent ainsi les deux tiers de l’exposition de la population en France métropolitaine. Cette exposition regroupe en particulier, l’inhalation de gaz radon, aux côtés de l’irradiation cosmique ou tellurique, ainsi que la consommation d’aliments ou d’eau contenant naturellement des éléments radioactifs. Ainsi, le radon constitue à lui seul, le tiers de l’exposition à la radioactivité reçue chaque année par la population française.

 

En France métropolitaine, près d’un quart des communes sont concernées par un taux moyen ou élevé du potentiel radon de leurs sous-sol.

Cela concerne au moins une commune sur deux dans 21 départements, notamment en Auvergne, en Bretagne et dans le Limousin. Le phénomène touche toutefois plus particulièrement la Haute-Corse, la Creuse et la Haute-Vienne. Le radon est majoritairement présent dans les grands massifs granitiques ou gneissiques (Corse, massifs armoricain et central, Vosges), ainsi que dans certains grès et schistes noirs. Les résultats de la campagne nationale de mesure de la radioactivité naturelle montrent que plus de 40 % des bâtiments situés sur ces terrains dépassent 100 Bq/m3 et plus de 6 % dépassent 400 Bq/m3 (IPSN/DPHD-SEGR-LEADS, 2000). Outre-mer, les massifs granitiques de la Guyane française et les formations volcaniques de Mayotte et de Polynésie française en font les territoires les plus exposés.

 

Dans les maisons individuelles, 2,5 millions d’habitants exposés au potentiel radon moyen ou élevé

 

 

Dans le cadre de la rénovation énergétique (réduction de la perméabilité de l’enveloppe des bâtiments), assurer une ventilation régulière des bâtiments est essentielle pour limiter les concentrations de radon, en particulier dans les maisons non équipées d’un système mécanique.

En France, l’exposition au radon serait à l’origine de près de 3 000 décès par cancer du poumon chaque année (IRSN, Santé publique France), soit 10 % des victimes du cancer du poumon.

De plus, l’interaction entre le radon et le tabac multipliant par trois le risque de cancer du poumon (Institut national du cancer).

Le dépistage, à l’aide d’un dosimètre, permet de mesurer la concentration moyenne du radon dans un logement et de refléter l’exposition moyenne de ses habitants.

En cas de concentration élevée de radon, l’amélioration de l’étanchéité entre le sol et l’habitation, de la ventilation et du système de chauffage peut aider.

 

Radioactivité artificielle : les installations nucléaires de base

L’exposition naturelle aux rayonnements ionisants représente 64 % de la dose moyenne annuelle. La dose moyenne totale a cru de 38 % entre 2005 et 2015 en raison notamment de l’augmentation des expositions médicales (+ 90 %).

 

Au niveau mondial, la France est le 2ème pays le plus nucléarisé en termes de nombre de centrales nucléaires, derrière les États-Unis, qui totalisent 99 réacteurs en fonctionnement.

Santé publique France a publié en 2017 une étude de l’incidence des cancers de l’adulte résidant à proximité de 7 centres nucléaires couvert par un registre de cancer.

Cette étude n’a mis en évidence aucune augmentation de l’incidence des cancers, entre 1995 et 2011, dans un rayon de 20 km autour des centrales.

La seule exception est le cancer de la vessie influencée par le site de Flamanville.

 

En 2017, près de la moitié (47 %) de la population ne pense pas que les riverains des installations nucléaires soient en aussi bonne santé qu’ailleurs. De même, près d’un Français sur deux jugent que les produits agricoles sont moins bons à proximité des installations nucléaires.

 

Radiofréquences

Malgré l’augmentation croissante du nombre d’antennes et de bandes de fréquence, le niveau moyen d’exposition de la population reste globalement stable. Toutefois, les valeurs limites d’exposition aux ondes, définies il y a plus de vingt ans, font aujourd’hui débat. Les incertitudes demeurent quant aux effets sanitaires à long terme de l’exposition aux ondes de la population, en particulier chez les jeunes publics.

L’expertise scientifique conduite par l’Anses en 2013 met en évidence l’absence d’effets sanitaires avérés et souligne les incertitudes sur les effets à long terme de l’exposition aux radiofréquences.

Les effets à long terme de l’utilisation des téléphones mobiles ne font, quant à eux, pas consensus.

À l’échelle internationale, le Circ a classé les radiofréquences comme cancérogènes possibles pour l’Homme (groupe 2B). En France, l’Anses a alerté, sur l’effet possible des radiofréquences sur les fonctions cognitives des enfants et leur bien-être.

 

Conclusions

Les facteurs environnementaux jouent un rôle majeur sur la santé humaine.

Une biodiversité préservée représente une richesse essentielle pour la santé humaine.

L’OMS déclarait il y a vingt ans : « l’environnement est la clé d’une meilleure santé ».

De plus, la communauté scientifique a souligné le caractère crucial de la prochaine décennie pour relever le défi climatique.

 « La santé de l’homme dépend de la capacité de la société à gérer l’interaction entre les activités humaines et l’environnement » (OMS, 1994).

 

J’espère que cette lecture vous a été utile.

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