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Témoignage de la reconversion en Sage-femme de Gabrielle

Dans cet article vous trouverez le témoignage de la reconversion en Sage-femme de Gabrielle.

 

Reconversion en Sage femme: le témoignage de Gabrielle

Après des études brillantes, elle monte à Paris et décroche un job chez l’Oréal. Elle fait partie comme elle le dit “des gens privilégiés”. Malgré le pouvoir d’achat que son statut lui offre, elle se sent inutile dans sa “bulle” et voit sa “réserve d’énergie” décliner.

Alors elle se cherche, jusqu’à ce que la solution soit enfin limpide.

Écoutez le témoignage de Gabrielle dans la vidéo ci-dessous ou lisez ma synthèse avec les éléments clés du témoignage juste après la vidéo.


Qui suis-je

Je m’appelle Gabrielle et j’ai 33 ans. Je suis rentrée en école de sage-femme cette année après 10 ans chez l’Oréal.
J’ai grandi en Auvergne dans un milieu assez préservé vraiment très proche de la campagne. A 19 ans je suis partie à Grenoble faire mes études à Sciences Po. J’ai été Diplômée en 2009 de Sciences Po Grenoble et des Sciences Po Lille. J’ai fait un double master avec une spécialité en communication.
Je suis partie de chez mes parents faire ces études parce que j’avais envie de sortir de ce cocon. Mon rêve était de vivre à Paris et de travailler en entreprise.

J’avais envie de bien gagner ma vie pour pouvoir faire des voyages et être libre. Je sentais que pour réussir à me dépasser il allait falloir me confronter à un milieu plus difficile.

 

Ma carrière chez l’Oréal

Je suis rentrée chez l’Oréal en CDI, j’avais 23 ans. 

J’ai rencontré mon conjoint chez l’Oréal. Ce fut une très belle rencontre, on a très vite eu notre fille.


Quand j’ai soufflé mais trente bougies j’avais mes deux enfants, j’avais un mari. Mes premiers objectifs je les avais remplis, j’avais le niveau de vie suffisant pour être libre, pour faire des beaux voyages et des beaux week-ends.

Je faisais partie des gens privilégiés.

Malgré tout, au fond de moi, il me manquait un truc énorme qui était d’être vraiment fière de ce que je fais, sentir que ce que je fais est utile.


À l’époque je me levais le matin, je lisais l’actu sur la crise écologique, puis j’allais travailler chez l’Oréal où je rentrais dans un milieu qui me semblait être une bulle complètement à part.
Quand je dé zoomais à l’échelle de la société je me disais “mais si demain il y a une catastrophe naturelle ou si demain il y a une guerre, je sais rien faire d’utile pour les gens”.

Ce décalage est devenu de plus en plus douloureux.

 

Je me sentais enfermée dans la vie que j’avais voulue

Dans les trois ans qui ont constitué mon dernier job chez l’Oréal j’ai commencé à avoir un petit peu la pression au moment où mes enfants ont commencé à parler. J’avais peur qu’ils me demandent “mais c’est quoi ton métier?”.

Je n’étais pas à l’aise, dans le monde dans lequel ils vont vivre, de leur raconter que je fais de la communication pour une grande marque de shampoing.


Quand on n’est pas à l’aise de répondre à un enfant c’est que globalement on met le doigt sur quelque chose qui va pas du tout.


Je me sentais enfermée dans la vie que j’avais voulue et que je m’étais battue pour construire. Cela peut paraître un problème de riche, mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas s’y attaquer.

C‘est une vraie crise de sens.

Donc pendant cinq ans j’ai cherché comment garder tout ce que j’avais fait chez l’Oréal et le mettre au service d’une cause qui était plus importante pour moi.

J’ai rencontré des gens qui travaillaient sur cette question du changement climatique et du changement de société et à chaque fois que je m’imaginais directrice de communication ou responsable de communication chez Greenpeace c’était un peu plus aligné mais je n’avais absolument pas le déclic.

Je me disais “je suis sûre que je suis bonne pour quelque chose et j’aimerai qu’on me montre ce que c’est.

 

J’étais mal dans mes pompes

À l’époque donc je n’étais pas totalement bien dans mes pompes et pour remplir ce vide je faisais des achats compulsifs. De plus, je mangeais beaucoup parce que c’était ma forme de plaisir immédiat. J’avais pris beaucoup de poids et je n’avais même pas vu à quel point j’avais grossi.


Puis la nervosité avec mes enfants le soir. On est tous fatigué le soir mais en fait eux aussi sont fatigués et entre les deux c’était moi l’adulte. Ce n’était pas normal que ça soit moi qui leur demande de prendre en compte ma fatigue, ça aurait complètement dû être l’inverse.

Ma vie n’était pas difficile mais je n’étais pas au bon endroit.

Je me suis dit “il faut que tu t’occupes de cette reconversion et de ce que t’as vraiment envie de faire”.

Au cours de mes lectures je tombe sur un article d’une blogueuse astrologue et cet article m’interpelle vraiment.
Je sens qu’il faut consulter cette astrologue, ça a l’air complètement zinzin comme ça mais à l’époque je me suis dit “foutu pour foutu..”.

Je contacte cette astrologue et je lui explique mon problème et elle me dit assez rapidement “l’écologie, l’environnement sont des sujets qui vous touchent parce que vous venez de là par votre famille mais ce n’est pas du tout ça votre mission… ce n’est pas écrit noir sur blanc mais pour moi vous êtes thérapeutes”.

À ce moment je rigole parce que je me dis “c’est une évidence, elle a complètement raison”.

Elle me dit même “c’est rigolo parce que vous avez vraiment le parfait thème d’une sage-femme” et à ce moment-là je rigole en lui disant “non mais n’importe quoi vraiment”. Je me dis “elle a été un peu trop loin”.

Je ressors de cette consultation en me disant “ok pour être thérapeute”.

 

Pourquoi une reconversion en Sage-femme

Pendant des mois je réfléchis et la révélation et venue en décembre de l’année dernière: “Si demain c’est vraiment le chaos, ce que je veux savoir-faire c’est d’aider les femmes à donner la vie”.

Je ne me rendais pas compte d’ailleurs que depuis des années quand les gens me demandaient “Si je n’avais pas de barrières qu’est-ce que je ferais?” souvent je répondais “des maisons de naissance”.

Des mois plus tard je reviens vers cette astrologues et je lui dit “j’ai réfléchi à ce que tu m’as dit et j’ai envie d’être sage-femme, mais ça me fait une belle jambe car je ne peux pas le faire” et elle me dit “pourquoi tu peux pas le faire?” et je réponds “je ne vais pas reprendre quatre ans d’études sans salaire..” et donc elle me dit “note toutes les barrières et tu les prends une par une et tu regardes s’il n’y a pas des solutions assez rapidement”.

 

Solutions concrètes

Je me renseigne et je me rends compte qu’il existe un concours pour les gens qui n’ont pas fait médecine et qu’ils ne viennent pas d’un milieu médical.

Je me rends compte à ce moment que je suis éligible et ça ouvre une première porte vers ma reconversion en Sage-femme.

La deuxième porte c’était le volet financier et c’était mon frein principal car j’avais peur du déclassement.


J’ai compris que celui-ci n’était pas un vrai problème. J’ai commencé à noter tout ce que je dépensais et j’ai vu l’étendue de la catastrophe de mes achats compulsifs. Quand je travaillais chez l’Oréal et que je recevais un mail pourri, je me disais “ça me saoule, je vais acheter”.

C’est caricatural mais c’était exactement ça!

J‘achetais des habits et des coussins et mon marié disait “arrête d’acheter des coussins”.

Après j’ai eu une autre stratégie: noter ce que j’avais envie d’acheter et puis d’attendre le lendemain si j’en avais toujours envie. Je me suis rendue compte qu’en fait j’avais une énorme marge financière. J’avais les cheveux très blonds avant et j’ai complètement arrêté de faire des mèches j’ai laissé repousser mes cheveux et j’ai retrouvés ma couleur.

Je suis revenue à une forme de raison.

Après j’ai eu six mois pour me mettre dans la course du concours sur dossier qui est très sélectif.
J’ai su en mai que j’étais admissibles à l’oral. Au départ on était une centaine, ils en prenaient 10 à l’oral et 4 étaient retenues pour les écoles d’île de France. En juin dernier la porte s’ouvre.

 

La joie et la peur de ma reconversion en Sage-femme

Je raconte ça avec beaucoup joie. On a l’impression c’est un parcours pavé de joie et de retour à soi qui est génial mais ça va forcément avec beaucoup de peur. J’ai traversé des moments de peur intense où je me suis dit “qu’est-ce que je suis en train de faire”.

J’étais absolument terrifiée de ce que j’avais créé.

Là je suis en deuxième année d’école de sage-femme.

Pour moi c’est la première année d’études qui est la plus compliquée.
Si tout va bien en 2023 je serai diplômée.


Je me sens dans ma puissance et au bon endroit, quand je rentre le soir mon niveau d’énergie est encore plus élevé de quand je pars le matin alors qu’avant c’était l’inverse, je rentrais complétement vidée.

J’avais rencontré une sage-femme à l’époque où je me posais la question si passer le concours qui m’avait dit “sage-femme ce n’est pas un métier mais un sacerdoce” et moi je l’aborde exactement comme ça. Il y a quelque-chose d’un peu mystique dans le fait d’être sage-femme, on est des passeuses car on est la première personne qui voit arriver un enfant au monde.

 

Mon premier accouchement

Le premier accouchement auquel j’ai assisté j’étais dans un état d’extase parce que quand ça se passe bien c’est extraordinaire.
C’est aussi un métier où on est à la frontière entre la vie et la mort et tout est assez fragile.

Quand les femmes parlent de la naissance de leur enfant, même trente ans plus tard, se rappellent de l’apport de la sage-femme ou de l’apport de cette personne qui leur a tenu la main à ce moment-là.

On a un vrai rôle à jouer et ce sentiment d’utilité est immense.

 

Source: lesdeviations.fr. Le site est né de l’idée de raconter des histoires de gens qui ont changé de vie.

 

J’espère que ce témoignage de la reconversion en Sage-femme de Gabrielle vous a été utile.

N’hésitez pas à réagir dans les commentaires pour donner votre avis sur l’article et apporter des compléments d’informations pour l’améliorer.


A propos du blog

Vous pouvez également découvrir les autres sections du site, dans lesquelles j’écris des articles sur des sujets qui me passionnent : éducation, bien-être, environnement, voyages.

J’aime traiter des problématiques qui me semblent importantes dans notre société. 

En m’appuyant sur des informations qualitatives et quantitatives, j’espère pouvoir apporter une vraie valeur à l’analyse du sujet traité.

 

Commentaires

Pauline
5 septembre 2020 à 20 h 51 min

Votre témoignage me motive encore plus. Avec un bac +3 eco gestion, gestionnaire RH médicales depuis bientôt 9 ans dans un CH, j’ai enfoui depuis longtemps mon besoin d’être sage femme, d’être utile chaque jour qui passe, jusqu’au départ en retraite d’une collègue où j’apprends qu’elle vit avec le regret de ne pas avoir repris ses études de SF… C’était en juillet 2020, je me suis dit je ne veux pas vivre ça moi aussi et depuis ça ne me quitte plus. Il me reste encore à trouver un financement complémentaire pour les 5 ans et j’hésite aussi entre faire un Master + passerelle ou alors m’inscrire en première année de médecine après une année de remise à niveau… Et esperer réussir pour débuter les études de SF.
Enfin je me dis que si je travaille déjà dans un CH depuis si longtemps, ce n’est peut-être pas anodin finalement… Le destin.. Je vous souhaite une belle réussite !!



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